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les Universités Populaires de Parents

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Paroles de parents sur la demarche upp

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Paroles de parents sur leur place dans les upp

Au départ, quand on nous a sollicités pour les UPP, on ne nous a pas dit : « Venez parler de vos problèmes, on va trouver une solution. » On nous a dit : « Votre savoir et votre expérience sont importants, on en a besoin. On va construire une recherche avec des universitaires pour porter la parole des parents dans l’espace public. Et cela, c’est vrai que pour nous cela a été non seulement très dynamisant, mais valorisant. Ensuite, ce qui était très motivant, c’était de se construire ce projet entre parents, en partant de nos connaissances et de nos pratiques et non des théories imposées. Finalement on était positionné dès le départ comme des parents acteurs, et on s’est senti tout de suite investis d’une mission et c’est vrai que cela nous a boostés. Ensuite, les UPP mettaient en valeur nos ressources de parents, notre créativité, notre intelligence, sans rentrer dans nos difficultés personnelles. C’est comme si elles s’étaient adressées dès le départ au meilleur de chacun d’entre nous. Cela nous a donné des ailes pour nous investir. Nous souhaitions faire savoir que nous prenions notre rôle de parent à cœur et que nous voulions lutter contre une image peu valorisante de la famille. On voulait montrer que nous ne sommes pas de mauvais parents, ni de bons parents, mais des parents tout court. Ce qui nous a motivé, c’est aussi la volonté de vouloir échanger avec des acteurs locaux comme la CAF, la mairie. Ainsi les parents acteurs que nous étions pouvaient se positionner comme de vrais parents citoyens.

Par Anne-Chrystel Subias, Parent, UPP

Ce qui m’a motivé c’est qu’en tant qu’habitants d’un quartier des Minguettes, à Vénissieux, nous sommes très stigmatisés. Les UPP me donnaient ma place, me permettaient d’exprimer mon point de vue de parent. Depuis quelques années, les parents sont rendus responsables voire coupables de tous les maux de la société en oubliant que d’autres sont également investis et responsables de l’éducation des enfants. Les parents des quartiers populaires sont le plus souvent présentés négativement. J’avais envie de faire savoir que les parents ne sont pas démissionnaires. En tant que parent de la crèche Arc en Ciel, je connaissais l’ACEPP depuis longtemps, nous avions déjà participé à des projets sur la parentalité. Les UPP étaient une opportunité de pouvoir affirmer un point de vue. Ma réflexion et mon savoir étaient pris en compte sans jugement, sans préjugés. Avec l’aide d’un universitaire, nous avons pu structurer notre réflexion dans son intégrité, notre parole n’ayant pas été dénaturée. Lorsque la réflexion sur l’expérience et les savoirs des parents sont valorisés et reconnus, lorsque plusieurs personnes ou institutions s’impliquent dans ces projets, lorsqu’ils prennent ensemble le sentier de la parentalité, cela aboutit à cette belle aventure humaine que sont les UPP initiées par l’ACEPP.

Par Dalila Mesdour, Parent, UPP de Vénissieux

Participer aux UPP c’était pour moi pouvoir s’exprimer, oser prendre la parole et espérer être écoutée et entendue. Malgré toutes les contraintes de la vie on a participé régulièrement pendant plusieurs années et moi je suis fière d’être aux UPP et d’avoir réussi.

Par Fatiha Saïd, Parent, UPP du Bassin Minier

Les UPP m’ont apporté de la force, de l’assurance pour aller vers l’extérieur, plus de contacts. On nous voit autrement, on nous prend au sérieux. On a appris à se poser des questions, à ouvrir le débat avec d’autres parents et des institutions, ne pas chercher des solutions toutes faites. On a mieux compris notre vie sociale, l’histoire des corons. On est resté trois années sur le projet sans baisser les bras, et on est fier.

Par Rabbia Ouadi, Parent, UPP du Bassin Minier

Les UPP m’ont apporté deux choses : La première, c’est qu’on ne se sent plus isolé dans les difficultés du quotidien. On a pu dédramatiser, on a eu la possibilité de discuter, d’entendre les expériences des autres parents, ce qu’ils ont réussi, les idées qu’ils ont eues, les petits trucs qu’ils ont trouvés. Personnellement, j’ai pu prendre de la distance par rapport à mes angoisses vis-à-vis de mon ado. Cela m’a aidé à réfléchir. Et puis, et c’est le deuxième point positif, faire les enquêtes auprès des professeurs des écoles nous a permis de les descendre un peu de leur piédestal, de parler d’égal à égal et non de se sentir, nous, parents, comme des élèves face à eux puisque c’est nous qui posions les questions et eux qui répondaient. C’est un rapport avec les institutions plus facile : oser les rencontrer. On a une reconnaissance de la part des institutions.

Par Elisabeth Charier : Parent, UPP de Lezennes

On est les auteurs et les acteurs dans ces recherches : c’est nous qui les avons faites, on a également organisé les forums avec les partenaires. C’est un projet national et européen, on rencontre des parents d’autres régions. On n’était pas là pour qu’on nous dise comment mieux élever nos enfants, mais pour chercher, proposer. Et puis j’ai un enfant qui va à l’université à Lille, lui dialogue avec des universitaires, et moi je suis au même stade que lui quand je parle avec des universitaires, cela joue dans nos relations. En tant que parent cela fait du bien, on se sent un peu plus intelligent.

Par Rabbia Ouadi, Parent, UPP du Bassin Minier

Notre place est la meilleure. Nous sommes les acteurs principaux dans une Université Parentale. Pas des élèves qui viennent apprendre comment élever nos enfants. Chercher c’est mieux comprendre. On fait la recherche, c’est actif, sur des thèmes essentiels à la survie de notre société (autorité, respect, violence, comment la comprendre et peut-être l’enrayer.) On savait qu’on serait soutenu, aiguillé par un animateur. Et comme on est motivé par le bien-être de nos enfants, des enfants en général, on a envie de partager, proposer, échanger avec d’autres parents, des profs, des animateurs, des toubibs, des grands-parents, des nounous, des ados… il faut communiquer et les UPP sont ouvertes à tous. Pour une fois, on n’était pas là pour recevoir des conseils sur comment élever nos enfants, mais pour réfléchir, faire notre propre chemin de parent, agir, faire des propositions.

Par Fatiha Saïd, Parent, UPP du Bassin Minier

Paroles de Parents sur la recherche dans les UPP

Le groupe est parti des questions individuelles, de nos problèmes pour aller vers une question centrale pour tous. Par exemple, nous sommes partis de discussions sur autorité/autoritarisme, et sur les questions de respect et de violence, comment on se débrouillait avec ces questions au quotidien. On s’est rendu compte que les avis étaient différents, alors on s’est posé tous ensemble la question de la cohérence éducative, du regard porté par les parents sur leurs enfants et du regard des autres adultes qui s’en occupent, et en particulier sur la ville. Nous avons défini notre question de recherche . Et puis nous avons défini une hypothèse qui nous a permis de lancer notre recherche avec l’aide méthodologique de notre universitaire : tout d’abord l’élaboration de l’enquête : questionnaire, guide d’entretien. On a réalisé les enquêtes auprès des personnes de notre entourage, puis auprès des personnes choisies. On a rassemblé tous les questionnaires et entretiens écrits puis nous avons dépouillé les données ensemble et enfin l’analyse. Le fait de faire une recherche nous a permis de prendre du recul par rapport au quotidien qui peut être parfois chaotique. Le recul vient parce qu’on travaille ce quotidien. Cela nous permet de comprendre mieux les différents points de vue selon chaque place : prof, parent… C’est une valorisation : on n’a pas forcément fait des études mais faire une recherche cela nous permet aussi parfois de nous rapprocher de nos enfants qui en font. Par contre, ce n’a pas toujours été facile : on prend sur notre temps personnel. Il y a des difficultés d’organisation. Pour passer l’enquête, il peut y avoir des difficultés de compréhension de communication. Entre parents et universitaires, ce n’est pas toujours simple entre terrain et théorie, il faut s’écouter pour se comprendre pour avoir le même langage.

Par Farida Belkacem, Parent, UPP de Lezennes

C’était très passionnant de pouvoir faire un travail intellectuel, ce qui n’est pas facile quand on a des enfants. On a laissé les bancs de l’école depuis longtemps, alors il fallait revenir en arrière, chercher les définitions dans les dictionnaires, on a croisé nos travaux avec ceux du sociologue Claude Martin, « Faire une recherche cela nous sort de nos casseroles ». Et puis avoir à travailler sur l’émission Super Nanny m’a permis d’avoir des discussions à ce propos avec mes filles. Cela nous a demandé beaucoup d’efforts de concentration, on a dû faire des statistiques, calculer des pourcentages… mais c’est valorisant pour nous de voir qu’on a réussi. Ensemble on a réussi, toute seule j’aurais peut-être abandonné, alors qu’on avait tous envie d’aller au bout du travail entamé. On s’est senti engagé et responsable vis à vis de soi mais surtout vis à vis des autres. Cela nous a permis de prendre de la distance par rapport aux médias, d’avoir un regard critique construit sur les messages qui nous sont transmis.

Par Blanche Mabeka, Parent, UPP de Vénissieux

On s’y est mis à fond, on est toutes mamans ou grand- mamans et on s’est donné à fond parce qu’on veut aller plus loin. On a travaillé dans un espace d’égalité avec l’universitaire qui nous a accompagnées.

Par Hakima L’Ghoul, Parent, UPP de Pierre Bénite-Saint Genis Laval

Paroles de Parents sur la mixité sociale et culturelle dans les UPP

Tout d’abord, il est important de préciser que notre groupe s’est construit avec une réelle volonté d’ouverture à la diversité sociale des familles : dans notre groupe des parents viennent de l’association ATD quart monde et d’autres d’une association de familles monoparentales. Cette mixité nous a apporté des échanges plus denses, de la tolérance et un enrichissement mutuel. Cela nous a demandé d’avoir une attention particulière pour que chacun de nous puisse s’exprimer et trouver sa place au sein du collectif. Nous avons découvert que chacun ne s’exprimait pas de la même manière, ne vivait pas les mêmes choses dans sa vie et que cela pouvait induire de grands décalages au sein du groupe. Mais finalement nous en avons fait notre force. Ces échanges nous ont appris à communiquer avec des personnes ayant des points de vue différents et à déconstruire des a priori. Un sentiment de solidarité s’est fortement construit pendant ces trois années de cheminement ensemble. Cela nous a permis de mettre en œuvre un travail collectif important dans la confiance, la solidarité, sans peur du jugement de l’autre.

Par Anne-Chrystel Subias, Parent, UPP de Pau

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